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Biologie d’une invasion

Par | il y a 1 an, 3 mois

On qualifie d’envahissante une espèce exotique dont la prolifération a un impact négatif là où elle est introduite (dommages écologiques ou socio-économiques). Toutes ces espèces ne sont donc pas forcément envahissantes. Voyons ce qui provoque ces introductions et comment une invasion peut être possible.

Voyage, voyage..

Pour atteindre des régions nouvelles, les espèces ne se déplacent que rarement par leurs propres moyens, même si certains insectes sont capables de voler sur de longues distances.

On introduit parfois volontairement des espèces d’intérêt, par exemple pour servir à la lutte biologique (voir la coccinelle asiatique), ou bien dans un élevage (voir la mite bohémienne). Mais de temps à autre,  ces disséminations deviennent incontrôlables.

Conjointement, l’explosion des moyens et des fréquences d’échange a permis de faire voyager rapidement des personnes et des marchandises d’un bout à l’autre de la planète. Mais ces frets contiennent très souvent des auto-stoppeurs, qui vont eux aussi se retrouver à l’autre bout du monde… bien souvent dans des conditions environnementales défavorables à leur survie. Néanmoins, pour certaines espèces, les conditions à l’arrivée s’avèrent propices à leur prolifération.

Toutefois, cela ne suffit pas pour en faire des espèces envahissantes.

Certains résistent encore et toujours à l’envahisseur

Ce qui rend l’installation possible

La modification de l’environnement par les activités humaines (monoculture, déforestation, emploi de pesticides…) favorise l’érosion de la biodiversité locale, ce qui peut parfois libérer des niches écologiques. Mais là encore, même en s’installant dans une niche vacante, l’espèce ne prolifèrera pas obligatoirement. En effet, il existe de nombreuses autres barrières à l’invasion.

Les étapes d’une expansion

On distingue trois étapes dans le succès d’une invasion, chacune entravée d’obstacles :

  • L’introduction : l’espèce doit parvenir à résister au voyage, puis à s’insérer dans un écosystème existant.
  • La naturalisation : l’espèce doit réussir à accomplir un cycle vital (nourriture, croissance, abri…) et se reproduire.
  • La prolifération : l’espèce doit être plus compétitive que les autres espèces présentes ayant coévolué avec le milieu

Infographie Fr

Les impacts

L’introduction d’espèces envahissantes représente la 3e cause de perte de biodiversité dans le monde (après la dégradation de l’habitat et la surexploitation) selon l’IUCN.

On peut répartir les effets et les coûts liés aux espèces envahissantes en différentes catégories, dont :

  • L’atteinte à la biodiversité locale
  • Les maladies
  • Les dégâts sur l’agriculture et la sylviculture
  • Les perturbations du mode de vie humain (habitation, loisirs…)

avec une constante : le coût de gestion et d’éradication afin de minimiser ces nuisances.

Toutefois, l’impact précis des espèces envahissantes est assez méconnu. Certaines espèces comme le coquelicot ou la pomme de terre sont des espèces exogènes en Europe, mais leur impact n’a pas été mesuré à cette époque. Les espèces introduites récemment ne sont pas encore assez documentées pour qu’on sache comment elles interagissent globalement avec leur nouvel environnement.

Le changement rapide des conditions environnementales entraîne généralement

une augmentation de la diversité, de l’étendue et des impacts des espèces envahissantes. C’est pourquoi l’équipe travaillant sur le projet Invacost cherche à étudier conjointement leurs conséquences et coûts futurs.

Pourquoi associe-t-on invasions et changement climatique ?

On estime que les changements climatiques et les changements d’utilisation du territoire pourraient causer des déplacement drastiques dans la distribution des espèces (Bellard et al., 2013). Malheureusement, ces changements ont la plupart du temps lieu au détriment des espèces les plus fragiles, et sont profitables aux espèces les plus résistantes. Les modifications d’origine anthropique ou les catastrophes (imputables également au changement climatique) rendent les écosystèmes moins résistants aux invasions, tandis que le réchauffement pourrait conduire à une accélération de la dispersion des espèces introduites et à une expansion de leur territoire.

En effet, la distribution de beaucoup d’espèces envahissantes est aujourd’hui encore limitée par des barrières thermiques (les températures sont trop basses pour la prolifération des espèces), mais le changement climatique pourrait leur permettre d’envahir des latitudes plus hautes. De plus, ces nouvelles répartitions conduiront à de nouvelles interactions écologiques, avec des conséquences difficiles à prédire aujourd’hui, mais qui seront la plupart du temps négatives pour les écosystèmes locaux ainsi que pour l’économie et la santé humaine. On suppose également que les nouvelles distributions spécifiques et les nouvelles conditions climatiques conduiront à l’émergence de nouvelles espèces envahissantes (Bellard et al,. 2013).

Sources :

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